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Avis Wonder Man – Inattendu !

Eh bien autant le dire tout de suite : je ne l’ai pas vu venir ! Oui, Wonder Man fait désormais partie de ces plus grosses surprises que j’ai pu connaître au niveau du MCU, et de très très loin. À l’origine, je n’en attendais pas grand-chose de la série. Un personnage pas forcément des plus attachants dans les comics, des trailers qui ne savaient pas trop sur quel pied danser, une atmosphère étrange mais pourtant… Quelle claque ! J’ai torché l’intégralité des 8 épisodes en une soirée et j’ai passé un moment absolument fabuleux avec Simon Williams, Trevor et cet univers si attachant que Destin Daniel Cretton (réalisateur) et Andrew Guest (scénariste) ont réussi à penser et surtout à mettre en place.

Par où commencer ? Je ne suis pas un critique cinéma donc ne vous attendez pas à quelque chose de pointilleux, de spécialiste, non, juste un avis. Ce qui m’a le plus séduit, c’est l’univers dans son ensemble. Wonder Man n’est pas une série de super-héros, c’est une série (très drôle) sur l’univers global du cinéma et de ses coulisses, le tout dans la peau de quelqu’un qui ne veut SURTOUT PAS être un héros. Dans un monde où les pouvoirs commencent à être mal vus, Simon Williams (qui en possède) souhaite viser le plus haut : la célébrité et les grandes affiches. Pas d’origin story, pas de développement de pouvoirs, pas de dilemmes moraux : juste un humain qui veut faire sa carrière et qui donnerait tout pour ne pas bénéficier de certaines facultés. Partant de ce postulat, la série nous emmène donc dans les pérégrinations du duo Trevor (aka le fameux Mandarin) et Simon dans un milieu loufoque, des péripéties parfois ubuesques sur fond très méta, presque à casser le quatrième mur par moments. Les interprétations de Yahya Abdul-Mateen II et de Ben Kingsley sont impériales et les voir tenter d’être de bons acteurs de manière très méta renforce leur prouesse assez sympa. Les caméos sont de VRAIS caméos et on a parfois l’impression que la série nous parle à nous, spectateurs, ultimes témoins de cette industrie cinématographique qui a ses hauts… et ses bas. Pour autant, elle ne s’enferme pas dans la critique infondée, dans des débats et des causes inutiles mais se contente de faire ce qui fonctionne le mieux : se concentrer sur ces deux personnages principaux.

D’un autre côté, la série est une véritable petite pépite visuelle. Avant d’être une série, elle est artistiquement pensée comme un film et ça se ressent dans chaque plan. Il y a de l’idée à chaque instant, les séquences sont remplies d’hommages divers et variés à des piliers du cinéma. Mention spéciale aux séquences en voiture, à la fois modernes mais emplies de nostalgie qui font évidemment penser à ces scènes cultes en voiture des années 70. Peu d’effets spéciaux, très peu de fonds verts, juste du cinéma. Plateaux de tournages, boîtes de nuit hollywoodiennes, maisons typiques, voilà ce qui nous accompagne dans Wonder Man du début à la fin. La colorimétrie est superbe, les jeux de lumière toujours très bien pensés sans pour autant tomber dans la caricature ou la surenchère. La nostalgie, c’est ce qui ressort, même visuellement, de chaque épisode de Wonder Man. Petite pensée particulière pour l’épisode Doorman qui, par ses choix visuels, arrive à raconter quelque chose, à nous baigner dans une mélancolie. Je me serais presque cru dans un épisode de Black Mirror, mais je n’en dirai pas plus.

Bien évidemment, ce n’est pas parfait pour autant, loin de là. Dans l’ensemble, c’est court : et tant mieux. On sent quand même très rapidement que l’histoire tourne très vite en rond et le remplissage se voit à mon sens. Ce que je veux dire par là, c’est que globalement, l’intrigue principale et la problématique de la série nous sont annoncées dès le deuxième épisode et auraient clairement pu être réglées en beaucoup moins de temps. Si certains moments sont sympas, d’autres (bien que drôles) sont un peu inutiles comme tout l’épisode avec la GoPro par exemple. Idem pour la fin, grosse déception à mon sens. La série prend un temps fou sur des détails à la limite du chiant mais décide de boucler son dernier acte sans nous laisser prendre le temps de comprendre réellement ce qui se passe, les enjeux, les conséquences. Un peu comme quand on retire votre assiette au buffet à volonté alors que vous n’avez pas fini. Vous ne rêvez pas, j’ai osé cette métaphore. Idem sur sa connexion avec le MCU. Qu’en est-il réellement de l’impact de Wonder Man pour la suite des événements ? Si on comprend (plus ou moins) que cet univers est lié à la Terre-616, ça soulève (une fois de plus) de nombreuses questions sur son potentiel impact futur. Sans spoiler la fin, celle-ci ne raconte pas grand-chose et comme trop souvent chez Marvel avec les séries, on ne sait pas réellement si untel ou untel est destiné à revenir ou non.

Dans tous les cas vous l’avez compris, je n’en attendais rien et j’ai été agréablement surpris. C’est fun, c’est rafraîchissant, c’est visuellement bien léché et quelque part, même si ça reste timide, ça raconte quelque chose. L’histoire d’une industrie soi-disant en souffrance mais remplie de talents, une industrie peut-être trop tiraillée à cause de publics qui ne savent pas s’entendre. Pour ou contre le MCU ? Marvel c’est pas du cinéma ? Ce film est également un peu une sorte d’autodéfense de Marvel qui prouve par là qu’un film de super-héros, ce n’est pas que voler, sauver et se battre.

N’en déplaise à tous les haters du MCU : Wonder Man c’était top et je vous le recommande.

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