Dispatch – Le meilleur comics interactif ?
J’en avais beaucoup entendu parlé. On m’en avait beaucoup parlé. J’ai écouté, je VOUS ai écouté et j’ai lancé Dispatch. 20 heures de jeu plus tard et deux épilogues différents je peux le dire : merci, vous aviez raison ! J’étais complètement passé à côté du jeu, étant assez hermétique à l’origine à son design, la promesse visuelle et la promesse de gameplay. Malgré tout, j’ai pris le temps de m’y mettre, de donner sa chance au jeu et c’est l’une des meilleures décisions « gaming » que j’ai prise depuis Baldur’s Gate 3.
Quelle claque ! Quelle histoire ! Quelle direction artistique ! Quels doublages ! Bref, oui, Dispatch c’était génial en tout sens. Pour celles et ceux qui auraient raté l’existence du titre, il s’agit d’un jeu narratif dans lequel on va prendre les décisions pour un personnage appelé Robert (anciennement le héros Mécha Man) interprété vocalement par l’exceptionnel Aaron Paul (Breaking Bad). Ce Robert, sorte de héros retraité dépressif, va devoir gérer une équipe de super vilains en réinsertion, pour une agence de gestion de crise. Sa mission ? Envoyer les « héros » aux bons endroits et bons moment et les dispatcher intelligemment (vous l’avez, c’est bon?). Bon, je vous résume AFFREUSEMENT mal l’histoire mais c’est volontaire. Dispatch, c’est un jeu qui se découvre de A à Z, tout comme je l’ai fait. À l’exception des critiques dithyrambiques que j’ai pu lire à droite et à gauche, je ne savais rien d’autre du jeu et j’ai adoré découvrir tout ce qu’il avait pour moi.
Humour irrévérencieux, dialogues crus, situations vulgaires et grossièreté omniprésente sont les composantes de l’univers de Dispatch.. Mais ça marche ! Et ça marche même très bien, notamment grâce à l’écriture au top signée Pierre Shorette. Ça fait longtemps que je n’ai pas apprécié autant de personnages secondaires dans une oeuvre. Au point où Robert en devient presque simplement une porte d’entrée à l’appréciation des autres personnages. Mention spéciale à Invisimeuf et Bolide. Oui, j’ai bien dis « Invisimeuf », ça vous donne une idée du délire global.
Cet univers, il fonctionne aussi grâce à la direction artistique absolument sublime du jeu. On y croit, on est happé, l’univers tient la route visuellement et le tout est ponctué d’une animation absolument EXCEPTIONNELLE. Le côté comics du jeu est totalement assumé et graphiquement, c’est sublime et ça n’a RIEN à envier à des productions audiovisuelles qui sortent sur grand écran. Les couleurs sont belles, les animations fluides, la synchronisation labiale est parfaite, le jeu ne prenant d’ailleurs pas le risque de proposer une VF (et il a raison).

Maintenant, une question m’est restée en tête pendant toute mon aventure : qu’en est-il du jeu vidéo ? Le débat « jeu ou film interactif ? » il existe depuis bien longtemps et il est constamment aliment par des productions comme celles de feu Telltale Games ou encore Quantic Dream. Mais là où un Heavy Rain propose des phases d’enquête, de déplacement ou de mini-jeux, Dispatch trouble encore plus la frontière avec une quasi absence de gameplay. L’essentiel du jeu va se composer de cinématiques avec les fameuses phases de Dispatch qui vont agrémenter les séquences scénaristiques. Par contre, elles sont géniales, je ne peux pas le nier. Dans celles-ci, il faudra choisir le bon héros à placer pour la bonne situation, en prenant en compte leurs préférences, leurs pouvoirs et SURTOUT les situations qui ont précédées et les choix que vous auriez pu prendre. Vous avez décidé d’insulter Golem dans la cinématique précédente ? Ne comptez pas sur lui pour éteindre un incendie pour vous. Car oui, tout est question de choix dans Dispatch car une fois les quelques phases de gameplay et de piratage assimilées, le reste n’est que dialogues et prises de décision. Alors oui, on passe réellement un cap et comme je le disais, concrètement, le jeu ne vous provoquera pas de tendinite. Par de déplacements, pas de liberté, pas de temps mort, le jeu s’enchaîne comme un véritable film épisodique et ne vous demandera qu’à de rares occasion de prendre réellement le pad pour agir sur le gameplay. Vous êtes le maître de l’histoire, pas le maître du jeu. Mais encore une fois, tout ça, ça marche. L’équilibre est bon, l’histoire se suit, les phases de gameplay sont bien implémentées et on ne s’ennuie JAMAIS.
Au final, jeu vidéo ou pas ? C’est une question pour laquelle je n’aurai sûrement pas de réponses mais une chose est sûre, après quelques heures dans l’univers, j’ai décidé d’arrêter de me la poser et de simplement profiter de cet univers délirant, cette écriture barrée et ce jeu exceptionnel. Un ovni certes, mais un ovni merveilleux.



2 commentaires
Virgile
Trop biennn que t’aies aimé
Doom Zone
C’était trop cool !